Apprendrons-nous à marcher sur l’eau

A suspendre le temps en silence

Construire un pont de pierre sur le vide pas à pas

Jongler en équilibre sur un fil

Et mêler l’ombre à la lumière

 

Inventer un langage universel

Que comprendraient les arbres, l’eau et les pierres

Fait de bruissement d’ailes de pies

Du crépitement du feu

Et des vibrations du tambour

 

Retrouver la lune qui, depuis ton absence

Ne m’apparaît plus

Escalader une échelle infinie

Et Lotus ou Phoenix,

Renaitre de ce chaos de boue et cendres

Un trou dans le cœur, douleur sourde

Comme rançon de l’attachement

Un mantra de guérison qui tourne en boucle

Et des cendres froides d’où l’on espère pouvoir renaître

Un pèlerinage sur les lieux où nous nous sommes aimés

Cheminement involontaire

Comme un passage obligé

Un processus de guérison

A proximité de Vidauban, la chapelle au sommet de la colline, fière de raviver les mémoires

Et l’Argens qui serpente avec son énergie particulière, chargée de relents d’amour

A la souricière, le même chemin aux chênes majestueux, à la source paisible

Devant le presbytère d’Annecy, le canal vide de troncs fantomatiques

Egarée dans la Valmasque, notre chemin retrouvé

A Solpel, un mariage religieux en la cathédrale, la maison enchantée, et l’autre rivière du bonheur

Et celle de Coaraze avec ses relents de chants Maoris

A l’Estachon, la même forêt de hêtres, la même chambre, le même grand lit où je dors seule

Et notre ammonite venue d’ici qui s’expose là-bas, dans ton lieu de vie

A Saint Cassien, le lac tranquille, le ressac dans cette crique de l’Estérel

Et le sacré au centre Karmapa de Valderoure

La salle d’attente du vétérinaire avec mon chat en fin de vie

Chaque fois cette émotion étrange de revisiter ces lieux, seule

Vide de ton regard parallèle

Comme des prétextes à faire ressurgir une tristesse enfouie

Afin qu’elle s’évacue lentement

Une joie nostalgique

Comme une étoile en buis qui aurait pu être

Au gré de la vie labyrinthe

Mon âme toujours reliée à la tienne

Retournerai-je un jour dans la forêt de notre première fois ?

Jazz en libellule majeure
Jazz en libellule majeure

2017 - Gravure : Julie Milanini

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Galets en solitude
Galets en solitude

2015

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La part féminine des arbres
La part féminine des arbres

Recours au poème

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Jazz en libellule majeure
Jazz en libellule majeure

2017 - Gravure : Julie Milanini

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